Guide du potager

Les tableaux de compagnonnage disent qui peut voisiner avec qui. Ce guide ajoute le reste de la conception du potager : où placer chaque chose, quelle fonction remplit chaque plante et comment une planche évolue au fil de l'année. Seuls les conseils qui tiennent face à la recherche des services de vulgarisation universitaires y figurent.

Observer, puis placer

  • Observez le terrain avant de planter : où tombe le soleil l'été et l'hiver, d'où vient le vent, où l'eau coule ou stagne, où le gel s'attarde.
  • Placez ce que vous visitez chaque jour (salades, aromatiques, tomates) près de la porte de la cuisine. Ce qui demande peu de soins (pommes de terre, courges, vivaces) peut aller plus loin.
  • Revoyez le plan à chaque saison : les plantes grandissent, l'ombre se déplace.

Forme de la planche

  • Gardez des planches assez étroites pour atteindre le milieu sans marcher sur la terre : environ 1 à 1,2 m de large, avec des sentiers d'environ 50 cm.
  • Dimensionnez les sentiers pour les plantes adultes : ils rétrécissent en pleine saison.
  • Les planches sans bêchage (carton, compost, paille, plantation à travers) ne perturbent pas la vie du sol. Elles conviennent aussi aux vivaces, qui souffrent quand on bêche autour d'elles chaque année.

Disposition dans la planche

  • Hauteur : placez les plantes hautes (maïs, tournesol, tomate tuteurée, haricots à rames) au nord pour qu'elles n'ombragent pas le reste. Laitue, épinard et céleri apprécient leur ombre l'été.
  • Racines : mélangez les grosses racines pivotantes (carotte, radis, panais) avec les racines superficielles et étalées (maïs, oignon, laitue). Elles occupent alors des couches de sol différentes et se concurrencent moins.
  • Mélangez, ne faites pas de blocs : éloignez au maximum les plantes d'une même espèce, pour qu'un ravageur ne balaie pas tout un bloc d'une culture.
  • Les ravageurs trouvent leur plante hôte en se posant sur des plantes vertes et en les goûtant. Chaque atterrissage sur une feuille qui n'est pas leur hôte leur fait perdre du temps. Les fleurs et herbes plantées dans la planche fonctionnent donc ; une bordure autour fonctionne d'autant moins que la culture en est loin.
  • Les plantes rampantes (courge, melon, patate douce) vont en bordure. Les grimpantes (concombre, pois) près d'un treillage ou d'une voisine haute.

Empiler dans le temps

  • Rapides et lentes : semez le radis avec la carotte ou le panais. Le radis marque le rang et disparaît avant que la culture lente n'ait besoin de place. La laitue ou le radis entre jeunes tomates et poivrons est récolté avant la fermeture du feuillage.
  • Relais : semez la culture suivante quelques semaines avant la fin de l'actuelle, par exemple des carottes ou de la coriandre d'automne dans une planche de tomates de fin d'été.
  • Succession : faites suivre une culture de saison fraîche (laitue, pois, épinard, fève) par une de saison chaude (haricots, tomates) au même endroit.
  • Planches d'été et d'hiver : une planche accueille deux séries de cultures par an. Les cultures sensibles au gel (tomate, poivron, aubergine, concombre, courge, maïs, haricots, basilic) vont dans la disposition d'été. Celles de saison fraîche (chou, brocoli, chou-fleur, pois, fèves, épinard, poireau, blé, orge) vont dans celle d'hiver. Les tolérantes (carotte, laitue, oignon, ail, radis, pomme de terre) et les vivaces conviennent aux deux. Le planificateur ne suggère que des plantes adaptées à la disposition sur laquelle vous travaillez : il ne mettra donc pas de brocoli à côté des tomates. Ce calendrier est un repère approximatif pour les climats tempérés et méditerranéens.
  • Les plantes qui partagent une planche ont aussi besoin d'un arrosage similaire.

Rotation entre les années

  • Ne remettez pas la même famille botanique au même endroit pendant 3 à 4 ans (2 à 3 vaut mieux que rien). Les ravageurs et maladies qui attendent dans le sol finissent par s'épuiser. La fiche de chaque plante indique sa famille et les plantes qui la partagent.
  • Un ordre courant va du plus gourmand au moins exigeant : gourmands (tomate, maïs, chou) → peu exigeants (carotte, oignon, ail) → améliorants du sol (haricots, pois, fèves).
  • Les groupes de besoins varient selon les sources ; prenez-les comme un repère approximatif.

Une fonction pour chaque plante

  • Plutôt que de demander seulement « ces deux-là sont-elles amies ? », demandez « quelles fonctions manquent encore à cette planche ? ». Une planche équilibrée compte un améliorant du sol (une légumineuse), une fleur qui nourrit les auxiliaires, quelque chose qui couvre le sol et un support pour chaque grimpante.
  • Les légumineuses fixent l'azote et enrichissent la vie du sol. Elles ne nourrissent pas directement la voisine : le bénéfice va à la culture suivante.
  • Les auxiliaires ont besoin de variété : un large mélange de fleurs nourrit de nombreux prédateurs, alors qu'une ou deux espèces font peu. Plantez-les dans la planche.
  • Les céréales (blé, orge, sorgho) peuvent remplir deux fonctions. En engrais vert, elles étouffent les adventices et apportent de la matière organique une fois coupées, mais ne fixent pas l'azote : associez-les à une légumineuse. Cultivée avec des pois, une céréale utilise le sol plus complètement que chaque culture seule (environ 26 % de plus par surface en essais au champ), et les pois s'accrochent à ses tiges rigides et versent moins.
  • Le sorgho est un excellent anti-adventices, mais ses racines et ses résidus frais libèrent un composé qui a rabougri ou tué des plants de tomate, laitue et brocoli. Éloignez-les, et ne les plantez qu'après décomposition des résidus. C'est aussi un hôte favori de la noctuelle, qui passe ensuite sur les tomates, poivrons et aubergines voisins.
  • Une culture-piège est une plante que les ravageurs préfèrent. Placez-la un peu à l'écart de la culture qu'elle protège.

Ce que dit la recherche

  • Étayé : effets physiques (ombre, support, couvre-sol, racines à différentes profondeurs), fleurs qui nourrissent auxiliaires et pollinisateurs, cultures-pièges, planche diversifiée qui déroute les ravageurs, et ravageurs ou maladies communs aux plantes apparentées.
  • Non étayé en plein jardin : plantes qui « repoussent » les ravageurs par leur odeur (cela peut marcher sous serre), tableaux de « plantes qui s'aiment » et promesses de rendement pour les Trois Sœurs au potager familial. Nous les avons écartés.
  • L'œillet d'Inde en est un bon exemple : dense, il réduit les nématodes, mais il éloigne aussi les insectes utiles, et son odeur ne protège pas les cultures voisines en plein air.
  • Les règles de séparation ne restent que s'il existe un mécanisme documenté, comme la pomme de terre et la tomate qui partagent le mildiou, ou les noctuelles du maïs qui passent des soies sèches aux tomates voisines. Les affirmations très répandues sans étude à l'appui, comme « l'oignon rabougrit les haricots », ont été retirées.

📚 Sources

🌱 Essayez-le dans le planificateur →